Ici commence "l'exposé" de ma première excursion de 2 jours. Autant dire par avance que le choix des photos a été laborieux tant elles sont toutes splendides (je sais, je sais, je suis une photographe extraordinairement douée, et comme j'apparais sur beaucoup ça augmente la valeur ajoutée!)
DONC...Le mercredi et jeudi, nous sommes parties en excursion avec un guide, Juanjo et deux autres chicos le premier jour (Emanuel : israëlien, et Fernando: porteño çàd de BA) et deux autres chicas le second jour (Patricia : allemande, et Marisel : argentine). Nous avons fait une boucle dans le nord de la région de Salta.
Partis à 7h du matin de Salta par la route n°51, nous sommes d’abord passés par la localité de Campo Quijano, mieux connue sous le nom de « Portal de los Andes » (Porte vers les Andes) : c’est le village où se réunissaient les travailleurs à l’époque de la construction du ferrocarril (chemin de fer).
Nous avons suivi en jeep le chemin du Tren a las nubes (Train vers les nuages) : train touristique qui servait autrefois à ramener les minerais depuis San Antonio de los Cobres situé dans la Cordillèreà 4000m, jusque dans la vallée. Le circuit compte 29 ponts, 21 tunnels et 13 viaducs (non j'ai pas compté, j'ai juste une bonne mémoire...!). Ce train n’est plus en service depuis deux ans par manque d’entretien technique mais une compagnie étrangère devrait le réhabiliter d’ici la fin de l’année. On dit que la construction du ferrocarril a engendré « le plus grand massacre sans guerre » : plus de 3000 ouvriers seraient morts entre 1921 et 1948, d’où la présence de nombreux cimetières au-bas des viaducs.

Ce trajet emprunte la Quebrada del Toro (brèche du taureau) et l’on roule soit dans le lit de la rivière, soit à flanc de montagne. C’est un paysage coloré et majestueux qui s’offre à nous pendant 5 heures de voyage dans l’ascencion à la Puna (vaste étendue aride à 4000m d’altitude).


On s’est arrêtés visiter les ruines pré-incas de Santa Rosa de Tastil, l’un des principaux centres de vie sudaméricains à cette époque (1334-1436). Personne ne connaît la raison de l’extinction de ce peuple. Ce sont aussi les ruines de seconde importance après celles du Machu Pichu au Pérou.
Ca, c'était un pari avec Juanjo : embrasser un cactus sans crier (mais il m'a jamais donné mes 50$...)
Et là, c'est Maitane et moi avec en fond les ruines (elles sont pas bien hautes je sais, on se contente de peu quand un tel site est si vieux mais si mal protégé contre les dégradations des touristes)
Le chemin nous amène à 4080m où une ‘photo-record’ s’impose ! Mais pour arriver jusque là, notre guide roulait à 30km/h afin que notre corps s’habitue lentement à l’altitude. C’est bizarre, on ressent comme une soudaine grosse fatigue et l’un des chico a ressenti une douleur dans la nuque et commençait à piquer du nez.

Le guide, pour éviter ce mal d’altitude, chiquait des feuilles de coca. J’ai testé pour le fun : ça n’a pas vraiment de goût, et contrairement à ce qu’on croit il ne faut pas le mâcher mais seulement garder la boule de feuilles entre la joue et les dents et laisser se diffuser la coca dans sa salive. Pour minimiser le goût amère, on applique régulièrement un peu de bicarbonate de soude dans la bouche. Sachez que l’on ne ressent aucun effet similaire à celui produit par la cocaïne puisque pour produire 1g de cocaïne il faut 300g de feuilles de coca…et qu’un sachet de 30g de feuilles de coca (sachet qui se vend légalement partout) contient au moins 20 à 30 « unités » de chique.
San Antonio de los Cobres, lieu de notre déjeuner, n’a rien d’extraordinaire et est même plutôt sans intérêt. Mais c’est la seule ville dans cette immensité de paysages arides, alors c’est un passage obligé ! Située à 3775m et aujourd’hui ville pauvre, elle a été le lieu d’exploitation principale des minerais de la région (d’où son nom : cobre = cuivre). Elle vit actuellement des touristes et de son artisanat principalement basé sur les tissus en laine de lama.
Le chemin continue dans la Puna où l’on a la chance de passer à quelques mètres d’animaux extraordinaires pour nous français. Entre autre, et parmi les plus typiques :
_ le lama

_ la vicuña, espèce aujourd’hui protégée mais de la même famille que le lama, les chameaux, les dromadaires...

La route n°40 nous conduit jusqu’aux Salinas Grandes : le clou du voyage car le plus inattendu et le plus impressionnant ! Ces salines situées à plus de 4000m d’altitude auraient pour origine le fond des mers : il était une fois il y a bien lgtps, les plaques marines se sont confrontées et se sont soulevées, ce qui a fait émergé de hautes montagnes comme la Cordillère des Andes. Bref, ce lieu est magique car on a une étendue blanche et réverbérante à perte de vue, ça ressemble à de la neige sauf que ça goûte pas pareil !

Les hommes qui y travaillent sont couverts de la tête aux pieds pour éviter les brûlures : beaucoup d’entre eux, malgré les protections finissent aveugles. Certains taillent des sculptures de sel pour les vendre aux touristes, d’autres travaillent au ramassage du sel pour sa vente. Ce sont les petits 12% d’humidité qui permettent une évaporation rapide de l’eau.

Nouveau record d'altitude (4170m) avant d'achever ce 1er jour par la descente de 2000m en 16km par une route en lacets qui offre encore une vue incroyable.

Maitane et moi restons dormir à Purmamarca tandis que le guide rentre à Salta avec les deux chicos qui ne poursuivaient pas l’excursion du lendemain avec nous. Purmamarca est un site extraordinaire car c’est là que se trouve "el cerro de las 7 colores" : je vous laisse apprécier…

Le jeudi, le guide Juanjo nous a rejoint avec Marisel et Patricia pour aller encore plus au nord dans la région de Jujuy. Nous passons par Maímara, qui signifie en quechua « Estrella que cae » (étoile qui tombe) et par Tilcara (« Ciudad del cuero » = ville du cuir) où nous visitons d’autres ruines incas.

Nous apprenons qu’à cette époque on déformait volontairement les crânes des bébés avec des bandes serrantes comme un signe distinctif selon la « caste ».
Encore une fois, la route suit le lit de la rivière et nous offre un panorama extraordinaire sur les deux flancs de montagnes qui nous entourent, toujours avec autant de couleurs comme sorties de nulle part.

Nous nous arrêtons manger à Humahuaca que nous visitons. Toutes les Eglises de la région ont la particularité d’être faites en bois de cactus (du moins les portes et le toît) et d’avoir un autel en or.
Juanjo nous explique quelques coutumes (souvent empreintes de machisme) car les villages que nous traversons sont restés très populaires car isolés, pauvres et de petite taille.
_ Lors du carnaval de février, 1500 hommes vêtus en diable et portant un masque se présentent au centre du village devant 1500 femmes au visage découvert. Ils en choisissent chacun une pour passer les 9 jours uniquement avec elle : ce sont 9 jours de danse, chant, beuveries, nuits endiablées ininterrompus où chacun est libre (personne ne dit ce que deviennent les enfants hors mariage conçus pendant le carnaval !). Il paraît que pour les touristes c’est immanquable.
_ Immanquable également le mois d’août, mois de la célébration de la Pacha Mama (Terre-Mère des Hommes, des animaux et des plantes, l’une des plus grandes divinités andines).
_ On peut savoir la tranche d’âge à laquelle appartient une femme à la couleur de sa jupe : très colorée jusqu’à 30 ans ; couleur terracota de 30 à 50 ans ; noire ensuite.
_ Encore très souvent, quand on femme n’est pas « bonne à servir » (selon les termes utilisés par les Hommes), çàd qu’elle ne peut pas faire d’enfant, elle est « rendue » à sa famille. Si après une autre tentative avec un second homme, elle n’est toujours pas « bonne à servir », elle est exclue. Mais jamais on ne se demande si se ne sont pas les Hommes qui sont stériles… non, ça ce n’est pas possible !
Le chemin entre Iturbe et Iruya (point le plus au nord de l’excursion) ne fait que 54km, mais s’effectue en 3h !! Oui, on ne dépasse pas les 20km/h pour arpenter ce chemin de cailloux, traversant la rivière, montant jusqu’à 4000m pour redescendre à 2000m…et enfin arriver à Iruya (pour aller plus loin, c’est en cheval !).


Le village en lui-même n’est pas une merveille en soi, mais le voyage si (6h en tout, c’est vrai que c’est quand même un peu long !). Mais j'ai plus profité avec les yeux qu'avec l'appareil photos en main (pour uen fois!)