Hola hola !
Des nouvelles du front. C’est difficile de tout raconter, tant pour ce qui se passe au stage que pour ma petite vie quotidienne : il y aurait tellement à dire. Mais voilà quelques petites choses qui ont marqué ma semaine de travail.
Des nouvelles du front. C’est difficile de tout raconter, tant pour ce qui se passe au stage que pour ma petite vie quotidienne : il y aurait tellement à dire. Mais voilà quelques petites choses qui ont marqué ma semaine de travail.
PREMIERE EXPERIENCE D'ACTION CONCRETE
Mercredi, j’ai participé à una acción pública callejera (action publique dans la rue) avec AI. L’équipe chargée de défendre los derechos de la mujer (droits de la femme) mène une campagne de sensibilisation à propos de la violence domestique faite aux femmes. Il s’agit d’expliquer aux gens de quoi il s’agit, de les faire réagir et de les interpeller ; mais aussi de récolter des signatures pour une pétition. Cette pétition vise à faire pression sur le gouvernement pour qu’il aille de l’avant dans ce domaine et surtout pour qu’il poursuive ses efforts en aménageant mieux la ley intrafamiliar modifiée en 2005, mais toujours insuffisante et peu efficace.

C’était ma première expérience de terrain dirons-nous et cela m’a beaucoup plu ! J’étais là en tant que soporte (soutien) car je ne fais pas partie de cette équipe : mais plus on est, plus l’action prend de l’ampleur. Et comme je vais devoir faire ce même travail d’ici quelques semaines (mais au sujet de l’Esmeralda à Valpo), autant prendre de la graine tout de suite ! Donc nous voilà quelques stagiaires d’AI dans les rues piétonnes de Stgo, montant un stand avec prospectus/livres/pétition, et vêtus de teeshirts.
Au départ, pour prendre mes marques, j’écoutais
ce que les stagiaires de l’équipe « Mujer » expliquaient, puis j’ai pris mon courage à deux mains pour aller aborder moi-même les passants. Disons que je n’étais pas très à l’aise les premières minutes car je ne maîtrisais pas du tout le sujet étant donné que je ne travaille pas dessus. Pour les IEPiens qui liront cet article, cette expérience aurait été un très bon sujet d’enquête sociologique ! En fait, c’était très intéressant de voir de près comment peuvent réagir les gens sur un sujet aussi sensible au Chili (pays encore machiste).
Au départ, pour prendre mes marques, j’écoutais
Il y avait ceux qui s’approchent en curieux et qui s’éloignent dès que nous les abordons ; il y a ceux qui viennent spontanément et qui sont très réceptifs au message ; il y a ceux qui n’écoutent que les deux premières phrases avant de demander « Puedo firmar algo ? » (Je peux signer quelque chose ?) avant de partir aussi vite ; il y a ceux qui évitent soigneusement le stand ; il y a ceux qui regardent de loin et qui hésitent à signer de peur de conséquences néfastes ; il y a ceux qui nous disent que la loi a déjà apporté
J’ai été très surprise de constater que moins du quart des personnes connaissent AI ! Si l’organisation est très développée dans les pays développés, il semble qu’elle n’ait pas la même porté partout, ou peut-être aussi que la population a moins facilement accès à l’information.
PROJET DE L'ESMERALDA
Le projet sur l’Esmeralda connaît un gros boom car le temps avance à grands pas et nous rencontrons quelques difficultés : obtenir los permisos (permis) pour utiliser le film canadien que nous voulons projeter, obtenir le soutien du Ministère de la Culture pour le projeter à leur frais, obtenir los permisos par la municipalité pour utiliser les lieux publics, créer los folletos (prospectus), trouver le slogan…
Tout est d’autant plus compliqué que nous travaillons en parallèle avec des familles de torturés de Valparaíso qui nous sont indispensables pour mener une action de grande ampleur, mais qui demandent à être partie prenante dans toutes les activités que nous prévoyons. Donc les négociations n’en finissent pas entre eux et nous pour trouver des compromis. Et enfin, la construction du bâteau symbolisant l’Esmeralda nous coûte en temps et en énergie (comment et où le construire, avec quels matériaux, quels sont leur prix, où le stocker durant le weekend à Valpo, comment le transformer de bâteau noir en bâteau blanc…).
Mais c’est vraiment plus qu’intéressant de se coller à ce projet qui s’avère énorme car on apprend beaucoup de choses et nous y avons beaucoup de responsabilités.
PROJET DE FORMATION DU PERSONNEL
Je travaille aussi beaucoup sur le projet de capacitación interna en AI. C’est un projet nouveau, donc je pars de pas grand-chose et doit le développer seule. Le but est d’établir un calendrier annuel pour offrir régulièrement des formations dans des domaines larges (les DD.HH et leur évolution, qu’est ce que AI, comment fonctionne AI-Chile…), dans des domaines techniques (comment utiliser les outils technologiques…), dans des domaines spécifiques (quelles sont les équipes à AI-Chile, coment préparer des actions/campagne, comment coordonner une équipe…). Je dois donc croiser deux données : chercher les personnes aptes à dispenser ces formations, à quel rythme et à travers quels médias ; ET connaître les domaines dans lesquels les capacitantes nécessitent une formation.
Jusqu’ici, j’ai créé un formulaire que j’ai envoyé à tout le staff d’AI-Chile pour connaître leurs compétences en formation du personnel (çàd sur quels thèmes ils pourraient se proposer d’offrir des séances de formation), leurs disponibilités, leurs idées. Et aujourd’hui, j’ai fini de créer une enquête (que je dois apprendre à mettre en ligne lundi sur le site d’AI-Chile) pour que les socios (adhérents) puissent me faire part de leurs lacunes dans leur travail de soutien au sein d’AI et que j’oriente ainsi le contenu des formations.
Voici l’adresse de notre section, si vous voulez aller jeter un coup d’œil ! http://www.amnistia.cl/
J’ai reçu aussi des centaines de fiches et de pages de documentation de la section espagnole qui a déjà développé un système de capacitacion del staff y de los socios. Je dois donc lire tout ça, en faire des synthèses et voir comment on peut le réutiliser. Mais, m’a dit Sergio (le directeur), le problème que je vais avoir c’est que c’est écrit en castellano et qu’il faut que je le « traduise » en chilien !! Je ne pensais pas que ça jouait autant, mais c’est vrai qu’ici par exemple, ils n’utilisent pas le « vous » (pour parler à plsrs personnes) mais le « ils », et il y a du vocabulaire castellan qui ne colle pas avec le vocabulaire chilien. Le seul « hic », c’est que moi, je ne m’en rends pas compte puisque j’ai toujours lu du castellan. Un autre projet super intéressant.
Donc je ne m’ennuie pas !
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