jeudi 15 mars 2007

Stage à Amnesty - projet Esmeralda J-15 (15.03.2007)

Le stage poursuit son cours. C'est toujours aussi intéressant et jamais je n'aurais imaginé avoir autant de travail et surtout de responsabilités !

C'est surtout le projet Esmeralda qui occupe mon temps depuis deux semaines car c'est une action hautement politique et sujet à polémique. Si aujourd'hui, tous nos problèmes semblent avoir trouvé une solution, nous aurons eu beaucoup de difficultés pour mener à bien ce projet (et ce n'est pas fini !). Signez la pétition sur notre site : http://www.amnistia.cl ou http://www.cl.amnesty.org/firmas/esmeralda/index.shtml

L'accord des permis (que ce soit pour installer le sand d'informations, projeter le documentaire, faire la manifestation) a été laborieux. Disons que je passais ces derniers jours au téléphone à appeler un secrétariat qui me renvoyait vers un autre, ce dernier m'indiquant qu'ils n'étaient pas aptes à me répondre et me donnant un autre n° de téléphone, celui-ci ne répondant pas. Et enfin, quand quelqu'un décrochait, c'était pour me dire "Pouvez-vous rappeler demain car Mme... est en ce moment en réunion". Benh voyons ! A croire qu'il s'étaient tous passés le mot pour nous décourager !

On a eu aussi beaucoup de difficultés à obtenir une réponse du Ministère de la culture (à qui on demandait l'appui et surtout le soutien financier pour projeter en plein air un documentaire). Au départ très enthousiaste, il est devenu très vite impossible de joindre la Ministre quand il a s'agit de nous donner une réponse définitive. Donc on a essayé de faire jouer tous les contacts possibles qu'on pouvait avoir (untel connaît untel qui travaille avec untel au ministère qui peut peut-être savoir où en est notre requête). Finalement, aujourd'hui, le ministère nous a dit qu'il nous prête le matériel de projection gratuitement (ce qui n'est pas rien car ça nous bouffait presque la totalité de notre maigre budget), mais ne veut pas que son soutien soit publicisé (no quieren comprometerse!).

Autre soucis : comme le Ministère ne nous soutient pas pour une projection en plein air sur la place centrale de Valpo, à nous de trouver un lieu alternatif. Alors après deux semaines de labeur et d'une série de réponses négatives, nous allons louer une salle de cinéma.

Aujourd'hui, nous (Ci, Maïlys et moi) sommes allés remettre una carta à la Moneda (palais présidentiel) car Michelle Bachelet se rend ce samedi sur l'Esmeralda (on se demande bien pourquoi elle n'ose pas venir y faire un tour le jour du départ du bâteau...!). Par cette lettre on veut montrer notre détermination et notre volonté à voir le gouvernement s'investir plus sur ce sujet.

Hier, j'ai eu l'honneur de parler à l'Amirante Millar, Commandante en jefe de la Armada de la Primera Zona Naval ! Si si ! En fait, c'est trop drôle car hier matin j'ai appelé sans me présenter le secrétariat de l'Armada pour connaître leurs horaires d'ouverture (car le domanche 1° avril, nous voulons leur remettre una carta). La secrétaire a tout de suite compris que ma question n'était pas innocente et m'a dit "Con quien hablo?". Euh...piégée : "Soy Elsa Sabourin, de Amnistia Internacional en Santiago. En realidad, quisiéramos entregar una carta a la Armada este dia y necesitamos conocer los horarios de abertura". Et la secrétaire de me répondre : "Je vous rappelle dans 5 minutes"... pour ne jamais rappeler ni répondre à mes appels.
Le soir, l'Amiral Millar demande à me parler (benh oui, j'avais donné mon nom le matin) pour tenter de convaincre Amnesty de transformer les deux journées d'action en un "dialogue amical et respectueux avec lui, à Santiago", selon ses termes. C'est que ce genre de type, ça parle bien, avec de jolis mots politiquement corrects, ça a de bons arguments pour dire en substance: "la Armada ya reconocio los acontecimientos y no puede hacer mas. Ahora, es a la Justicia y al Gobierno de actuar. Nosotros tambien queremos que la verdad y la justicien se hagan, y es por eso que estamos en un proceso de conciliacion. Estoy dispuesto a recibirles en Stgo para hablar, seria mejor que de hacer una manifestacion en Valparaiso que podria ser mal interpretada"... Pas tellement préparée à ce genre d'exercice, j'ai été un peu prise au dépourvu pour répondre de manière ferme, mais j'ai essayé d'expliquer notre position et de dire que de toute façon, nous allions maintenir notre projet, le remerciant de son "ouverture d'esprit" et de sa proposition à laquelle nous allions réfléchir.

Les "gros soucis" aujourd'hui quasiment résolus (même si lundi et vendredi prochains, Maïlys et moi nous nous rendons à Valparaiso pour régler les derniers détails), nous nous affairons à préparer les carteles publicitarios, les folletos explicativos, la bandera para la manifestacion, la construction du bateau... Encore du boulot pour ces 15 prochains jours !

Bilan : un record de coups de téléphones et de mails envoyés en 15 jours ! Beaucoup d'énergie et d'énervement. Un peu de découragement. Mais finalement, on voit peu à peu que le projet intial prend forme et ça réompense des efforts fournis. Bon, je vous ferai un topo après ce fameux weekend...





Aucun commentaire: