L'accord des permis (que ce soit pour installer le sand d'informations, projeter le documentaire, faire la manifestation) a été laborieux. Disons que je passais ces derniers jours au téléphone à appeler un secrétariat qui me renvoyait vers un autre, ce dernier m'indiquant qu'ils n'étaient pas aptes à me répondre et me donnant un autre n° de téléphone, celui-ci ne répondant pas. Et enfin, quand quelqu'un décrochait, c'était pour me dire "Pouvez-vous rappeler demain car Mme... est en ce moment en réunion". Benh voyons ! A croire qu'il s'étaient tous passés le mot pour nous décourager !
Autre soucis : comme le Ministère ne nous soutient pas pour une projection en plein air sur la place centrale de Valpo, à nous de trouver un lieu alternatif. Alors après deux semaines de labeur et d'une série de réponses négatives, nous allons louer une salle de cinéma.
Aujourd'hui, nous (Ci, Maïlys et moi) sommes allés remettre una carta à la Moneda (palais présidentiel) car Michelle Bachelet se rend ce samedi sur l'Esmeralda (on se demande bien pourquoi elle n'ose pas venir y faire un tour le jour du départ du bâteau...!). Par cette lettre on veut montrer notre détermination et notre volonté à voir le gouvernement s'investir plus sur ce sujet.
Hier, j'ai eu l'honneur de parler à l'Amirante Millar, Commandante en jefe de la Armada de la Primera Zona Naval ! Si si ! En fait, c'est trop drôle car hier matin j'ai appelé sans me présenter le secrétariat de l'Armada pour connaître leurs horaires d'ouverture (car le domanche 1° avril, nous voulons leur remettre una carta). La secrétaire a tout de suite compris que ma question n'était pas innocente et m'a dit "Con quien hablo?". Euh...piégée : "Soy Elsa Sabourin, de Amnistia Internacional en Santiago. En realidad, quisiéramos entregar una carta a la Armada este dia y necesitamos conocer los horarios de abertura". Et la secrétaire de me répondre : "Je vous rappelle dans 5 minutes"... pour ne jamais rappeler ni répondre à mes appels.
Le soir, l'Amiral Millar demande à me parler (benh oui, j'avais donné mon nom le matin) pour tenter de convaincre Amnesty de transformer les deux journées d'action en un "dialogue amical et respectueux avec lui, à Santiago", selon ses termes. C'est que ce genre de type, ça parle bien, avec de jolis mots politiquement corrects, ça a de bons arguments pour dire en substance: "la Armada ya reconocio los acontecimientos y no puede hacer mas. Ahora, es a la Justicia y al Gobierno de actuar. Nosotros tambien queremos que la verdad y la justicien se hagan, y es por eso que estamos en un proceso de conciliacion. Estoy dispuesto a recibirles en Stgo para hablar, seria mejor que de hacer una manifestacion en Valparaiso que podria ser mal interpretada"... Pas tellement préparée à ce genre d'exercice, j'ai été un peu prise au dépourvu pour répondre de manière ferme, mais j'ai essayé d'expliquer notre position et de dire que de toute façon, nous allions maintenir notre projet, le remerciant de son "ouverture d'esprit" et de sa proposition à laquelle nous allions réfléchir.
Les "gros soucis" aujourd'hui quasiment résolus (même si lundi et vendredi prochains, Maïlys et moi nous nous rendons à Valparaiso pour régler les derniers détails), nous nous affairons à préparer les carteles publicitarios, les folletos explicativos, la bandera para la manifestacion, la construction du bateau... Encore du boulot pour ces 15 prochains jours !
Bilan : un record de coups de téléphones et de mails envoyés en 15 jours ! Beaucoup d'énergie et d'énervement. Un peu de découragement. Mais finalement, on voit peu à peu que le projet intial prend forme et ça réompense des efforts fournis. Bon, je vous ferai un topo après ce fameux weekend...
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