Alors nous voilà parties, Maïlys et moi, vendredi à 15h00 de Santiago en minibus (merci à Sergio, le directeur, pour nous permettre des petites escapades pendant les heures de travail). Je dirais que de tout le weekend, c’est le trajet qui vaut le plus le coup : 6 heures de route dans la cordillère des Andes (et oui, il faut bien la traverser pour arriver du côté argentin), avec des paysages à couper le souffle. C’est très impressionnant de se retrouver entourée de massifs montagneux, la route étant soit à flanc de montagne (côté chilien) soit dans une cuvette (côté argentin).
Des nuances incroyables : on passe en quelques minutes de bosquets verdoyants, à des massifs arides de cactus, à une rivière et des lacs d’un bleu turquoise, à une roche marron friable...
Le trajet est à faire, c’est indiscutable…pour les paysages, mais aussi pour l’ambiance. Ici, ni code de la route, ni respect des limites de vitesse ou des panneaux de signalisation qui vaillent ! C’est encore une fois, comme avec les micros (bus de Santiago), une course contre la montre : l’habitude est de rouler au milieu de la route voire à gauche (pourquoi se gêner quand il n’y a personne en face ?), dépasser en pleine côte ou dans un virage (logique : qui a dit qu’il fallait de la visibilité avant de dépasser ?), jouer au pilote de formule 1 (accrochez-vous aux sièges).
Tous ces risques (contrôlés bien sûr !), sûrement pour compenser le retard du départ (la ponctualité sud-américaine reste un concept à inventer) et l’attente à la frontière. Alors là, moi je dis « Vive l’Europe et son abolition de frontières ! ». Car ici, il faut patienter deux heures : le temps de passer le poste frontière côté chilien, puis celui côté argentin, puis attendre que les bus et voitures nous précédant soient fouillés, puis la fouille de tous nos sacs par la douane. Et il faut voir avec quelle efficacité ce travail est fait : c’est simple, il ne se passe rien ou alors tout au ralenti, si bien qu’on ne sait même pas ce qu’on attend ! Et quand ils nous interdisent d’emporter fruits et légumes dans nos sacs, moi je passe sans problème aux rayons X et à la fouille avec une salade et 4 bananes en évidence dans le mien ! Bref, vous imaginez le niveau d’agacement des touristes comme nous qui, voyant l’heure avancer, se rendent compte que les 6 heures de voyage annoncées se transforment très rapidement en 7 heures (à l’aller) voire 8 heures (au retour) !
Pourquoi cette différence entre l’aller et le retour me demanderez-vous, puisque vous êtes attentifs et perspicaces ! Et bien parce que nous sommes des filles et qui plus est françaises ! Je m’explique : alors que l’on grelottait de froid à la frontière, un certain Marcelo (que l’on croyait douanier) nous dit (en espagnol évidemment) : « Ah, mais si vous voulez, jolies françaises, je peux faire vérifier vos sacs maintenant et comme ça vous attendrez moins longtemps ». On accepte mais en ayant compris qu’il allait faire fouiller nos sacs et qu’ainsi nous remonterions dans le bus au chaud en attendant les autres voyageurs. Pas du tout ! Il était en fait le chauffeur d’un bus qui s’apprêtait à quitter le poste frontière (et qui avait par conséquent rempli toutes les formalités laborieuses) qui nous a embarquées dans la cabine de son bus pour la fin du voyage, sans qu’on ait le temps de réagir ! Interloquées et gênées au début (car tout s’est passé en quelques minutes), nous avons en fait profité de cette bonne occasion pour partager deux heures et demie avec deux argentins (Marcelo le chauffeur et Horacio son assistant, certes intéressés mais pas trop « lourds »), buvant du maté (boisson traditionnelle d’Argentine) et bavardant. Alors bien sûr, connaissant les deux zigotos, on ne les appellera pas comme convenu pour aller bailar à Santiago tous les quatre : désolés, nous sommes opportunistes je l’avoue !
La fiesta de la vendimia clôture la saison de vendanges et dure en fait une semaine. Mais le weekend dernier, il s’agissait de « l’apothéose », avec les très gros moyens !
Le vendredi soir, nous avons pu assister à la parade de nuit des chars de chaque ville de la région de Mendoza, transportant la reina de la ville et de ses dauphines. Ca vaut l’élection de nos Miss France : des poupées Barbie, toutes identiques (cheveux longs, taille de guêpe, sourire forcé) nous saluant de la main tout au long du trajet. Ah, mais pour ajouter de l’attractivité, les miss lancent des fruits et leur photo à la foule.
Le samedi, à partir de 10 heures, la parade recommence, mais cette fois-ci accompagnée de nouveaux chars décorés sur le thème des vendanges, de danseurs, de groupes de musique et d’une quantité folle de caballeros (cavaliers) habillés de façon traditionnelle. Muy divertido!
Nous avons poursuivi l’après-midi par la visite de la ville, agréable par le fait qu’elle concentre 5 principaux parcs au cœur de la ville. La ville a des allures bien européennes (beaucoup plus qu’au Chili) : les marques de magasins sont bien de chez nous (Carrefour, C&A…), les jeunes ont super « in », s’habillent très à la mode.
C’est dans le parc San Martín, un énorme, que s’est déroulée le spectacle du soir : un gigantesque auditorium en plein air, entre les cerros, avec une capacité de 25 000 personnes (toutes agitant le drapeau bleu et blanc) ; une scène immense ; des moyens techniques impressionnants mis en œuvre pour ce soir-là. Il faut dire que c’est l’évènement de l’année à Mendoza et une opération fructueuse pour la ville : les touristes affluent et le nombre de bus impressionne.
Et la gagnante fut : Guaymallen ! Je ne sais pas ce qu’elle y gagne, peut-être son poids en bouteilles de vin ?!
Petit bilan du weekend : un trajet dans les Andes surprenant. Pero un poco decepcionada parce que je m’imaginais la fête dans les rues de Mendoza comme pour le beaujolais nouveau en France (avec des jeunes toute la nuit dans la ville, buvant à volonté…). Au contraire, tout était trop organisé et cadré et il n’y avait pas de place pour la fiesta improvisada. Du coup, on n’a même pas bu de vin argentin, ni mangé de bonne viande… mais on a goûté aux pastelerías (pâtisseries) au dulce de leche !
3 commentaires:
j'avoue que les photos des andes sont impressionantes mais j'aurais surtout voulu voir ce que donne la conduite chilienne!! sinon je t'ai envoyé une lettre à ta nouvelle adresse espérons que ça arrive sans encombe. ton adresse laposte me revient tjs mais je pense qu'elle marche quant même
allé bisous ensoleillés
nous en train de dormir, c'est vraiment la plus belle photo...
alors là ... même pas un verre de vin argentin pendant cette fête des vendanges... Bah mince alors! T'as intérêt à te rattraper et à me raconter un peu ce vin ... On t'envie avec Iwan !
A très bientôt,
Bisous
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