mercredi 7 mars 2007

Weekend à Mendoza (Argentine) avec Maïlys (2-4.03.2007

Mendoza est la capitale de la région du même nom mais aussi la capitale argentine du vin. Les vins de la région ont été originellement plantés par des colonisateurs du Chili qui ont acheté des parcelles de vigne à Mendoza. Et, bien qu’en terme de qualité les vins argentins en viennent parfois à dépasser les vins chiliens (établis depuis longtemps en Amérique du Nord et en Europe), ils restent encore peu connus à l’étranger. Cependant, certains experts pensent que d’ici une décennie, les vins argentins seront qualitativement mieux reconnus que ceux de son voisin, reflétant ainsi un climat plus ensoleillé et un sol plus fertile. Le Malbec est souvent considéré comme le cépage argentin par excellence (on n’y a même pas goûté Camille !).
Après cette petite mise en bouche, voilà l’explication de notre voyage : Mendoza est une ville argentine touristique (pour sa proximité avec les Andes) ET un haut lieu de l’industrie du vin argentin. De cet heureux mélange naît la très célèbre Fiesta de la Vendimia (fête des vendanges) qui se tient chaque année le premier weekend de mars, une fête un peu kitsch durant laquelle est élue la Reina Nacional de la Vendimia (si si, je vous jure !) parmi plus d’une centaine de candidates représentant chaque ville de la région de Mendoza.

Alors nous voilà parties, Maïlys et moi, vendredi à 15h00 de Santiago en minibus (merci à Sergio, le directeur, pour nous permettre des petites escapades pendant les heures de travail). Je dirais que de tout le weekend, c’est le trajet qui vaut le plus le coup : 6 heures de route dans la cordillère des Andes (et oui, il faut bien la traverser pour arriver du côté argentin), avec des paysages à couper le souffle. C’est très impressionnant de se retrouver entourée de massifs montagneux, la route étant soit à flanc de montagne (côté chilien) soit dans une cuvette (côté argentin).














Des montagnes et des sommets à perte de vue, dont la plupart culminent entre 4 500 et 6 500 mètres : l’Aconcagua, plus haut sommet argentin = 6 956 mètres (il est loin derrière notre Mont Blanc !) ;













Des couleurs magnifiques : le bleu pur du ciel sans nuage contraste avec la roche multicolore des montagnes ;













Des nuances incroyables : on passe en quelques minutes de bosquets verdoyants, à des massifs arides de cactus, à une rivière et des lacs d’un bleu turquoise, à une roche marron friable...













Le trajet est à faire, c’est indiscutable…pour les paysages, mais aussi pour l’ambiance. Ici, ni code de la route, ni respect des limites de vitesse ou des panneaux de signalisation qui vaillent ! C’est encore une fois, comme avec les micros (bus de Santiago), une course contre la montre : l’habitude est de rouler au milieu de la route voire à gauche (pourquoi se gêner quand il n’y a personne en face ?), dépasser en pleine côte ou dans un virage (logique : qui a dit qu’il fallait de la visibilité avant de dépasser ?), jouer au pilote de formule 1 (accrochez-vous aux sièges).
Tous ces risques (contrôlés bien sûr !), sûrement pour compenser le retard du départ (la ponctualité sud-américaine reste un concept à inventer) et l’attente à la frontière. Alors là, moi je dis « Vive l’Europe et son abolition de frontières ! ». Car ici, il faut patienter deux heures : le temps de passer le poste frontière côté chilien, puis celui côté argentin, puis attendre que les bus et voitures nous précédant soient fouillés, puis la fouille de tous nos sacs par la douane. Et il faut voir avec quelle efficacité ce travail est fait : c’est simple, il ne se passe rien ou alors tout au ralenti, si bien qu’on ne sait même pas ce qu’on attend ! Et quand ils nous interdisent d’emporter fruits et légumes dans nos sacs, moi je passe sans problème aux rayons X et à la fouille avec une salade et 4 bananes en évidence dans le mien ! Bref, vous imaginez le niveau d’agacement des touristes comme nous qui, voyant l’heure avancer, se rendent compte que les 6 heures de voyage annoncées se transforment très rapidement en 7 heures (à l’aller) voire 8 heures (au retour) !

Pourquoi cette différence entre l’aller et le retour me demanderez-vous, puisque vous êtes attentifs et perspicaces ! Et bien parce que nous sommes des filles et qui plus est françaises ! Je m’explique : alors que l’on grelottait de froid à la frontière, un certain Marcelo (que l’on croyait douanier) nous dit (en espagnol évidemment) : « Ah, mais si vous voulez, jolies françaises, je peux faire vérifier vos sacs maintenant et comme ça vous attendrez moins longtemps ». On accepte mais en ayant compris qu’il allait faire fouiller nos sacs et qu’ainsi nous remonterions dans le bus au chaud en attendant les autres voyageurs. Pas du tout ! Il était en fait le chauffeur d’un bus qui s’apprêtait à quitter le poste frontière (et qui avait par conséquent rempli toutes les formalités laborieuses) qui nous a embarquées dans la cabine de son bus pour la fin du voyage, sans qu’on ait le temps de réagir ! Interloquées et gênées au début (car tout s’est passé en quelques minutes), nous avons en fait profité de cette bonne occasion pour partager deux heures et demie avec deux argentins (Marcelo le chauffeur et Horacio son assistant, certes intéressés mais pas trop « lourds »), buvant du maté (boisson traditionnelle d’Argentine) et bavardant. Alors bien sûr, connaissant les deux zigotos, on ne les appellera pas comme convenu pour aller bailar à Santiago tous les quatre : désolés, nous sommes opportunistes je l’avoue !

La fiesta de la vendimia clôture la saison de vendanges et dure en fait une semaine. Mais le weekend dernier, il s’agissait de « l’apothéose », avec les très gros moyens !

Le vendredi soir, nous avons pu assister à la parade de nuit des chars de chaque ville de la région de Mendoza, transportant la reina de la ville et de ses dauphines. Ca vaut l’élection de nos Miss France : des poupées Barbie, toutes identiques (cheveux longs, taille de guêpe, sourire forcé) nous saluant de la main tout au long du trajet. Ah, mais pour ajouter de l’attractivité, les miss lancent des fruits et leur photo à la foule.

Le samedi, à partir de 10 heures, la parade recommence, mais cette fois-ci accompagnée de nouveaux chars décorés sur le thème des vendanges, de danseurs, de groupes de musique et d’une quantité folle de caballeros (cavaliers) habillés de façon traditionnelle. Muy divertido!














Nous avons poursuivi l’après-midi par la visite de la ville, agréable par le fait qu’elle concentre 5 principaux parcs au cœur de la ville. La ville a des allures bien européennes (beaucoup plus qu’au Chili) : les marques de magasins sont bien de chez nous (Carrefour, C&A…), les jeunes ont super « in », s’habillent très à la mode.

C’est dans le parc San Martín, un énorme, que s’est déroulée le spectacle du soir : un gigantesque auditorium en plein air, entre les cerros, avec une capacité de 25 000 personnes (toutes agitant le drapeau bleu et blanc) ; une scène immense ; des moyens techniques impressionnants mis en œuvre pour ce soir-là. Il faut dire que c’est l’évènement de l’année à Mendoza et une opération fructueuse pour la ville : les touristes affluent et le nombre de bus impressionne.

Parties à 19h de l’auberge de jeunesse, nous avons patienté 1h30 (jusqu’à 22h) avant que le spectacle ne commence. La première partie commence par le défilé de toutes les reines (plus d’une centaines donc), et se poursuit par un spectacle dansant sur le thème des vendanges (plus de 700 participants) avec des sons et lumières superbes.













Mais pour ne pas s’ennuyer et s’endormir durant la seconde partie, il faut s’accrocher ! 6 présentateurs annoncent un à un les 120 votes des fonctionnaires de la région de Mendoza pour élire la Reina Nacional de la vendimia : ils le font en « chantant », çàd avec des intonations de voix et un rythme qui varient. Ca donne en gros : « Guaymallen, Lujón, y este voto para Maipú… ». Bon bah… autant vous dire qu’on en dormait assises ! Le pire, c’est que les Mendocinos adorent ça et supportent leur Reina jusqu’à la fin. Ne voyant pas la fin de la soirée arriver et surtout exténuées par le voyage de la veille, nous avons terminé la soirée endormies dans le bus. Retour à 3h du matin.
Et la gagnante fut : Guaymallen ! Je ne sais pas ce qu’elle y gagne, peut-être son poids en bouteilles de vin ?!
Le dimanche, nous sommes allées nous poser au soleil dans le Parque Civico pour récupérer des courtes nuits. L’idée première était d’aller visiter des bodegas (caves à vin) : une traditionnelle et une moderne. Mais la plupart sont fermées le dimanche et les excursions organisées par les agences de voyage partaient à 9h le matin (trop dur). On aurait voulu aller dans les Andes, mais cela requiert une journée entière de 6h du matin au soir.














Nous avons repris la route vers Stgo à 16h pour n’arriver qu’à medianoche (00h), et galérer pour rentrer en bus. Oui, car Stgo se modernise, attention ! Désormais, la ville s’est dotée du système « Transantiago », une révolution ici (on peut utiliser le bus puis le métro avec le même ticket). Mais il y a beaucoup de dysfonctionnements (il manque de bus, le système de paiement est une folie, les Santiaguais ont du mal à s’y adapter…). Le but final est d’instaurer un plan des lignes de bus et des horaires…car jusque là c’était un peu l’anarchie !

Petit bilan du weekend : un trajet dans les Andes surprenant. Pero un poco decepcionada parce que je m’imaginais la fête dans les rues de Mendoza comme pour le beaujolais nouveau en France (avec des jeunes toute la nuit dans la ville, buvant à volonté…). Au contraire, tout était trop organisé et cadré et il n’y avait pas de place pour la fiesta improvisada. Du coup, on n’a même pas bu de vin argentin, ni mangé de bonne viande… mais on a goûté aux pastelerías (pâtisseries) au dulce de leche !

3 commentaires:

héloïse a dit…

j'avoue que les photos des andes sont impressionantes mais j'aurais surtout voulu voir ce que donne la conduite chilienne!! sinon je t'ai envoyé une lettre à ta nouvelle adresse espérons que ça arrive sans encombe. ton adresse laposte me revient tjs mais je pense qu'elle marche quant même
allé bisous ensoleillés

Anonyme a dit…

nous en train de dormir, c'est vraiment la plus belle photo...

Unknown a dit…

alors là ... même pas un verre de vin argentin pendant cette fête des vendanges... Bah mince alors! T'as intérêt à te rattraper et à me raconter un peu ce vin ... On t'envie avec Iwan !
A très bientôt,
Bisous