mercredi 4 avril 2007

Deux jours d'actions pour l'Esmeralda (31.03 - 01.04.2007)

Avant de commencer, je m’excuse par avance des passages en espagnol non traduits, mais c’est que quand on a l’habitude de parler d’un sujet dans une langue avec des mots de vocabulaire particuliers, il est difficile de traduire correctement dans une autre langue (bien que celle-ci puisse être sa langue maternelle). Vous allez me dire que j’exagère, mais j’ai découvert cette curiosité ce weekend quand deux français émigrés au Québec en vacances au Chili (ahhh, je retrouvais mes « racines » québécoises) sont venus s’informer sur notre activité. Et bien je me suis surprise à ne pas trouver les mots facilement parce qu’en fait j’étais habituée depuis 2 mois à expliquer nos actions en espagnol. Pitètre que je commence à vraiment parler espagnol ?!!
Mais vous allez voir que vous pouvez comprendre le sens général de ces phrases, es muy parecido al frances (et pour ceux qui sont en vacances, ça va vous occuper en allant chercher dans un dico linguistique sur Internet !)

Ce weekend marquait l’achèvement de deux mois de dur labeur pour l’équipe Esmeralda d’AI Chile, çàd Ci, Maïlys et moi.

Vous avez déjà suivi les difficultés que nous avons eues pour mener à bien le projet, mais disons que pour résumer les autorités chiliennes aurons essayé jusqu’au bout de nous mettre des bâtons dans les roues.
_ C’est ainsi que durant les 2 dernières semaines Maïlys et Elena (directrice qui remplaçait Sergio en vacances) sont allées deux fois affronter les plus hauts responsables de l’Armada pour obtenir un permis : hommes machistes, hautains et qui n’hésitent pas à user des protocoles propres à l’armée pour rabaisser deux jeunes femmes (dont une étrangère donc encore moins bien vue) inévitablement considérées comme inférieures et illégitimes.
_ C’est ainsi aussi que la Gobernación de la Quinta Región nous a fait attendre jusqu’au dernier moment pour nous délivrer les deux permis pour faire nos activités.

Et puis de mon côté j’ai passé une journée à Valparaíso il y a 10 jours pour assister à une réunion de préparation avec l’association Les Amis de Miguel, encabezada por la hermana de Miguel Woodward, un sacerdote torturado hasta la muerte en la Esmeralda. Alors cette association est plus informelle que réelle, disons que c’est le regroupement ponctuel d’amis et connaissances (tout au plus 8) de Miguel Woodward. Ils sont radicaux au plus haut point dans leurs idees et leurs actions, étant prêts à tout pour se faire entendre.
Alors ce fut assez difficile pour nous, représentants d’une organisation d’envergure mondiale, surveillée dans ses activités par le Secrétariat Internacional basé à Londres, qui doit entretenir avec les autorités des rapports cordiaux (donc ne développer une activité que si nous avons obtenu le permis, accepter les entretiens avec l’Armada même si on n’est en désaccord avec leur position, modérer notre langage, rester flexible…). Cette association aussi aura ralenti notre avancée dans la préparation de l’activité, proposant des corrections dans les cartas / folletos / carteles que nous préparions ; critiquant nos idées ; nous demandant des ajustements permanents…

Mais pour finir, todo salió con mucho exito. Voici quelques photos de nos deux jours d’activité.

Le samedi matin, nous avons installé un stand informativo para distribuir algunos folletos explicativos y hacer firmar una petición a la gente.















Une activité plus attractive était de choisir l’un des messages suivants (“basta de impunidad”, “justicia”, “verdad”, “basta de silencio”, “rehabilitación”, “liberación”, “indemnización’), d’ajouter un message personnel et de le coller sur le bateau noir que nous avions construit : l’idée était que le bateau noir symbolisant el pasado negro y pesado de la Esmeralda devienne blanc grâce aux messages. Ainsi, par une réhabilitation initiée par le peuple chilien, l’Esmeralda redeviendrait la Dama Blanca, ambassadeur et symbole national à travers le monde. C’est-y pas beau ça ?

Ce fut intéressant car finalement beaucoup de chiliens en savaient peu ou rien des tortures que ocurrieron al principio del régimen de Pinochet en 1973 (surtout la jeune génération). Il y eut beaucoup de convaincus venus nous soutenir et signer en masse la pétition. Et puis un marinero se atrevió a acercarse del stand para leer muy atentivamente el folleto y hablar con Maïlys. Enfin, nous avons pu rencontrer quelques torturés (et oui cela s’est passé il y a seulement une trentaine d’années et les victimes ont 50 ans et plus).
Quelques chiliens mostraron su rechazo de los hechos argumentando que no hubo tortura o que no quieren apoyar nuestra acción que sirve para nada ya que ya pasaron tres décadas sin que las autoridades tomen ninguna medida para las víctimas. Mais ils restèrent “polis et courtois”, refusant simplement d’écouter notre discours sans être agressif. Seuls quelques uns nous demandèrent quelle légitimité des jeunes étrangers comme nous avaient pour défendre les droits chiliens que concierne una época que no vivimos.




















Juste pour rire : Patricia Woodward vérifie que son ventre est toujours là, pendant que je prends le soleil !

Le soir, nous avons projeté le documentaire « El lado oscuro de la Dama Blanca » de Patricio Henríquez. Un franc succès car nous avons quasiment rempli la salle ; et beaucoup se sont montrés intéressés à diffuser massivement le film dans les universités par la suite.

Mais bon, on était dans un ciné commercial bien comme il faut...














Le dimanche, Elena (directora ejecutiva de AI reemplazando Sergio Laurenti) et Lorena (Présidente de AI) entregaron les 6000 firmas eléctronicas (oui Sergine ta signature y apparaît !) y las 300 firmas recopiladas en las calles de Valparaíso, además de una carta dirigida al Almirante de la Armada, y de los mensajes del barco en una botella. Une visite très formelle à laquelle étaient préparés les responsables qui, en tant que beaux parleurs, promirent de belles choses...















Et pendant ce temps, on s'occupe comme on peut...



















Arrive enfin le meilleur : la manifestation ! Nous avons eu un mal fou à accéder au site en raison d’un manque de coopération inouï por parte de los carabineros que dejaban pasar los turistas pero no los manifestantes que eramos. Après quelques heurs et pourparlers (oui, nous sommes des citoyens comme tous les autres et nous avons le droit de marcher dans n’importe quel lieu public), nous avons fini par nous retrouver plongés au milieu d’un ensemble de manifestants de diverses organisations. Un vrai mélange qui nous a dérangé puisque notre idée était de manifester en silence. Au lieu de ça, nous nous sommes retrouvés entourés de manifestantes gritando lemas (« Ni pura, ni blanca, fue centro de tortura »).
Mais bon on ne peut pas tout maîtriser.







C'est qui qui lève la pancarte le plus haut ? C'est bibi !!

Ce qui m’a un peu déçue c’est que tout le travail a été mené par AI, mais que la presse ne nous mentionne quasiment pas : seule Patricia Woodward (sœur de Miguel) apparaît comme celle qui a mené les actions et autour de laquelle se sont greffés quelques manifestants !!! Ou alors, on parle des coups reçus par son mari (très extrême lui aussi) qui est allé se mêler (seul et sans protection) à la foule des familles de marins embarquant sur l’Esmeralda pour 9 mois et pro-armée. Il était évident qu’il allait courir un risque car considéré comme provoquant l’affrontement direct, donc qu’il ne vienne pas se plaindre !

Mais nous sommes globalement très satisfaits du résultat de ces deux journées d’actions qui, espérons, auront aidé à informer le peuple chilien sur sa propre histoire. C’est cette partie qui était la plus importante car il est évident que nous n’avons exercé aucune pression particulière sur les autorités, lesquelles se foutent complètement de nos sollicitations.

Et puis, pour notre culture culinaire, les soportes chilenos de AI qui nous ont aidé ce weekend nous ont fait mangé dans deux endroits, typiques des villes portuaires. Le premier fut l’occasion de goûter à la chorillana (similaire à la poutine canadienne mais sans la sauce dégueu à la viande et sans le fromage qui fait couic couic sous la dent).

















Le dimanche nous sommes allées près du mercado central manger des plats à base de mariscos et de pescado.
C'était aussi le jour des rameaux que les chiliens achètent dans les rues, vont faire bénir à l'Eglise et accrochent à leur porte...

Hey, vous savez quoi, l’Esmeralda est bien partie !

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Bon d'accord tu la lèves plus haut ta pancarte, mais quand on part avec jsais pas combien de centimètres d'avance, c'est facile aussi!...

Anonyme a dit…

Moi je dis, Mamzelle a oublié de mentionner son "ticket" avec l'homme mûr de la soirée...j'ai nommé Samuel Leon!!

héloïse a dit…

j'adore ta dégaine aministiante!!

Anonyme a dit…

Comme si on y était... Merci encore de nous faire partager tes expériences... Un vrai bonheur...

Anonyme a dit…

Bonjorno, zazousantiago.blogspot.com!
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