lundi 2 juillet 2007

Perou - Puno (29.06.2007)

Je me trouve en ce moment a Puno : la ville au bord du lac Titicaca. J y suis arrivee apres 6h30 de bus. 6h30 qui m ont permis de decouvrir le Perou de l interieur, meme si c etait a travers une vitre! J ai traverse tte la region agricole de l altiplano et j ai vu le travail des champs : tres rustique, artisanal, rudimentaire. On ne parle pas de tracteurs ici, mais bien de tout un travail a la main, a la force des muscles.
Les femmes conduisent le betail au champ, elles lavent les vetements au bord de la riviere qu´elles etendent ensuite a meme la terre pour le faire secher, elles aident aux travaux agricoles aussi. Elles font toutes ces taches vetues de leur tenue traditionnelle, qui est loin d etre la + appropriee!! Jupons blancs, jupes bariolees de toutes les couleurs, poncho multicolore dans lequel se trouve le bebe. Generalement, elles ont les cheveux longs tresses en deux nattes qui tombent jusqu aux fesses et portent un chapeau haut de forme ou chapeau melon qui leur donne une allure bizarre car constrastant avec leur petite taille. Le poncho a ici une vrai valeur utilitaire : on y met le bebe, les recoltes, le bois, les objets lourds... tout en somme! Ca change de l aspect touristique dans les grandes villes ou les femmes demande la piece quand tu veux les photographier avec le bebe dans le dos.
Le travail des champ est vraiment d un autre temps : les chevaux pietinnent les recoltes pour en faire sortir les graines, ou alors on tape dessus avec un baton ; les graines des epis sont separes en lancant en l air et le vent se charge de separer les elements les plus lourds des plus legers ; les enfants preparent les briques d adobe dans la boue et la terre...

Ce qui m a choquee encore une fois c est cette misere. C est terrible, je ne m habituerai pas je crois. Et puis c est aussi ce rapport tres “utilitaire” avec la vie. Je ne sais pas si j utilise les bons mots : mais disons qu on se soucie peu des consequences de ses actes, on pare au plus presse, au plus pratique, au plus efficace. Par exemple, c est la cas avec le rapport avec l´environnement : pourquoi prendre la peine de ramasser ses detritus pour les mettre dans un endroit fait pour? Non, autant tout jeter a travers les fenetres du car (polystyrene, sachets plastiques, bouteilles de verre) alors que l on traverse cette region magnifique de l altiplano !! Les villes sont jonchees de detritus et de sachets plastiques qui volent : un nouveau decors ... merci la modernite! Ca me fait penser a ta reflexion sur Q enqo, Jay.

L arrivee sur Puno a ete ... comment dire ... surprenante !! Je m attendais a une vue splendide sur le lac Titicaca, un coin a photos, de reves. Et bien, la ville de Puno est en fait un amoncellement terrible de maisons construites a la tout va, sans forme, qui tiennent a peine debout, dont les ouvertures censees etre des fenetres paraissent comme des trous beants dans la montagne. Une ville horriblement moche, horriblement pauvre et horriblement triste. Voila la vue que l on a en arrivant a Puno. Le lac... pour l apprecier, il faut bien tourner le dos a la ville et etre a 10m du rivage! La pauvrete est encore plus frappante ici parce que dans les terres meme si le travail est dur, au moins ils semblent avoir de quoi manger.

Demain, je pars pour une excrusion de 2 jours sur les iles du lac : ce sont des iles flottantes en bambou construites pr des “tribus” peruviennes qui ont garde toutes leurs coutumes. Je reste consciente que tous les jours des dizaines de touristes font la meme chose que moi... et que donc la tradition peut en etre alteree. Mais bon, ca me plait car je vais decouvrir des coutumes et des rites ancestraux, une forme de vie particuliere, et surtout je vais passer la nuit dans une famille. Je mange avec eux, je dors et vis dans les memes conditions qu eux : pas d eau, d electricite, de chauffage (a 4000m).

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