Je ne dirais pas encore que c’est l’heure du bilan car il me reste encore beaucoup de temps à passer ici. Mais hier quand je pensais au temps qui passe… ouah ! Il y a seulement 5 semaines je laissais derrière moi tout mon groupe d’amis de Montréal pour m’envoler pour la France pour 6 jours avant de repartir aussi vite. 5 semaines… c’est passé très vite, mais pourtant j’ai le sentiment que c’est tellement loin !
Alors je ne vais pas tomber dans l’écriture nostalgique, mais ça fait bizarre de se dire qu’on a fait autant de choses en si peu de temps et que malgré tout, on les a savourées !
Venons-en aux nouvelles plus exotiques puisque beaucoup me disent que je les fais voyager grâce à mes photos ! C’est sûr que je tiens le beau rôle : c’est tellement facile de faire des photos de rêve quand on se trouve dans un pays qui mêle les extrêmes sur tous points de vue : climats, paysages, reliefs, développement économique.
Alors voici un petit cours de géographie en quelques lignes :Le Chili se distingue des autres pays par le fait qu’il est une longue bande de terre de plus de 4300 km, encadrée à l’Ouest par le Pacifique et à l’Est par la cordillère des Andes. Alors que d’est en ouest la largeur n’est que de 180 km, entre Arica (au nord) et Punta Arenas (la ville la plus australe), ce pays longiligne renferme quasiment tous les climats : le désert, des volcans enneigés, des lagunes salées, des plages de sable noir ou blanc, les versants abruptes de plus de 6 000m de la cordillère, des glaciers !
Alors bien sûr, le Chili est propice aux contrastes saisissants. Et ce qui est le plus agréable, c’est qu’on s’en rend compte même en étant à Santiago : de la ville, on distingue très bien les sommets les plus proches de la cordillère (sauf que bien souvent, les nuages de pollution les cachent presque entièrement jusqu’en fin d’après-midi).
Ce weekend, je voulais aller à Pucón, dans la région des lacs (à 10h de bus au sud de Stgo). Ma colloc et collègue (Blair) y est allée sur un weekend il y a deux semaines et c’est absolument magnifique (PS : Habituez-vous aux superlatifs car je risque d’en employer beaucoup durant mon séjour ici concernant les paysages!). Pucón est le volcan le plus fréquenté au Chili avec l’Osorno : on peut le monter avec un guide et y voir le lever de soleil. La descente se fait sur les fesses dans la neige. Mais le lieu est aussi réputé pour le rafting, les balades à cheval, l’escalade… Tout, on peut tout faire dans un cadre merveilleux. Bon, la seule chose c’est que nous sommes en pleine période de vacances et les hostels pas chers sont pleins à craquer (même en s’y prenant 15 jours à l’avance). Le reste est hors de prix : pas fous les chiliens, ils savent qu’il y a beaucoup de touristes et que les équipements hôteliers sont peu nombreux, alors les prix grimpent ! Alors je vais attendre le mois de mars, le temps sera encore clément pour monter ce volcan. Voici quelques avants-goûts, moi j’étais folle en les voyant !


Alors, pour compenser, samedi, avec Jacob, Angela et Maïlys (tous d’AI) nous sommes allés au Cajón del Maipo, une vallée encaissée dans la Cordillère à une heure de Stgo.
Les bus sont toujours aussi fous : mal entretenus, ils conduisent à vive allure sur des routes sinueuses où se croisent piétons, chevaux, cyclistes, voitures, camions, bus, sans que chacun ne prête vraiment attention à l’autre : c’est la politique du « ça passe ou ça casse » et du « je vais le plus vite possible pour gagner du temps et de l’argent » !
Les bus s’arrêtent à San Gabriel, ultime étape avant le volcan et les Baños Morales (termes). Après, les 10 km restants se font soit au dedo (pouce), soit avec sa propre voiture, soit on savait que pour atteindre ces lieux il fallait prendre l’unique bus de la journée qui part de Stgo à 7h ! Comme nous n’étions dans aucun de ces cas… on s’est arrêtés à El Ingenio : pueblecito (tout tout tout petit village paumé) où l’on a cherché de quoi manger et vainement essayer d’emprunter des caminos en direction du Maipo ou de la montagne. Mais tout est privé et les chiliens s’empressent vite de te le faire remarquer.
Alors nous voilà repartis sur la route, essayant de faire du pouce en direction de San Alfonso (plus bas). Après quelques temps de marche, une voiture s’arrête et nous y conduit. Ouf ! Mais arrivés à Las cascadas de los Animas, on nous apprend que l’entrée du parc est payante… enfin que tout est payant ! Manger sur l’aire de pique-nique (2 500), une heure de promenade accompagné d’un guide (obligatoire !!, 3 000), une heure de balade à cheval (6 000). Incroyable : impossible d’atteindre le fleuve, la montagne sans payer. Alors nous rebroussons chemin pour manger au bord du Maipo, dans un endroit vraiment pas des plus agréables, avant de rentrer en bus à Stgo.
Mais les paysages sont vraiment magnifiques et étonnants. Devant nous : le fleuve Maipo encaissé ; autour de nous : des flancs abruptes et plutôt arides avec cactus ; au loin : les sommets enneigés (la veille il avait plu à Stgo, ce qui signifie neige sur la Cordillère). Drôle de mélange !
C’est dans ces moments là que je regrette tellement de ne pas vivreplus de choses « en direct » avec vous, car j’aimerais (une fois en France) pouvoir reparler et repartager toutes ces sensations avec quelqu’un qui les a vécu.
Bilan de la journée : c’est sûr, je m’attendais à faire des bains de boue et à me baigner dans les termes près de la frontière argentine, à faire un peu de cheval, manger des empanadas maison ou du pastel de choclo (plat typique à partir de maïs, appelé choclo ici), bronzer au bord du Maipo… Rien de tout ça comme vous avez pu le lire !
Mais finalement, on a vraiment passé une bonne journée à quatre, sous un soleil chaud, à marcher un peu, à profiter d’une journée dans la nature. Reposant ! Et puis, maintenant on est rôdés pour y revenir dans de bonnes conditions !
Ah, j’allais oublier : pour que je me souvienne encore mieux de cette journée, je me suis fais piquer par deux abeilles (doigt et bras). Hum, et bien, désormais je sais que j’y suis allergique (comme pour les moustiques). Ca brûle (c’est chaud comme de la braise), ça gratte (j’ai l’impression d’avoir 10 boutons de moustiques au même endroit), ça enfle (imaginez une main entière enflée au point qu’on ne distingue plus les muscles et que je ne peux pas bouger mon doigt). Alors aujourd’hui, je suis quand même aller faire un tour à la pharmacie histoire de voir si c’était normal. La pharmacienne m’a dit : « Vous êtes allergique, pourquoi n’avez-vous pas ôté le dard et le « venin » ? ». Je lui ai tout simplement répondu que c’était la première fois que des abeilles s’en prenaient à moi, et que j’étais loin d’imaginer que j’étais allergique ! Alors je suis sous anti-histaminique et anti-inflammatoire pendant 10 jours et j’ai une crème pour soulager.
Et pour ajouter à mes expériences de guerrière, ça y’est, j’ai commencé ma mue ! Souvenez-vous, il y a une semaine j’étais brûlée sur tout le devant du corps après avoir passé quelques heures au soleil. Benh, depuis deux jours, bien que j’aie vidé ma bouteille de crème hydratante, je peux ôter la peau de mes cuisses et de mon ventre par lambeaux ! Même pas mal ! Mais comme dirait maman, il faut que préserve mon capital santé !
2 commentaires:
je te comprends réellement! En fait quand je te lis je me revois en Argentina, me levant et apercevant la Cordillère des Andes (pour moi chaque jour était différent grâce à elle...), goûtant aux empanadas et faisant un asado con los amigos...L'année prochaine on se fera des soirées comme ça...je sais faire les empanadas et los afajores de maizena (tu les a gouté??)! Mais vis à fond cette expérience car l'Amérique latine ne ressemble à aucune autre région, et c'est ce qui me manque...
muchos besos linda, y nos vemos...
bah la cordillère vaut bien les pyrénnées!lol!quel rêve de pouvoir s'attaquer à ces pentes eneigées ! même si je reconnais que restée en france je ne peux pas vraiment comprendre ton expérience ni la vivre de la manière dont tu le fais mais je t'assure que ton blog retranscrit vraiment bien l'ambiance, les couleurs...et du même coup nous fait réellement partager ton expérience qui de toute façon reste (et heureusement) unique.
gros bisous la cramée, piquée, enflée...
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