vendredi 2 février 2007

Premiers jours de stage à AI

Tout d’abord, un grand merci à ceux qui m’ont fait part de leur plaisir de me lire, soit dans leurs commentaires, soit par email. J’apprécie beaucoup et ces encouragements m’incitent à actualiser autant que possible ce blog. Et pour ceux qui ont du mal à voir toutes les photos, il suffit d'être patient avant qu'elles ne s'affichent, normalement, tout marche !
Un mensaje en español para Guilia y Mario : no sé si leereis este blog pero quizas os acordareis algunos recuerdos de vuestro ultimo viaje en America latina... Y Adrien me ha dicho que Mario esta aprendiendo el frances... Espero veros de nuevo : ¡yo seré mas capaz hablar español con vosotros que cuando era en Madrid!

J’ai commencé le stage au sein d’Amnistia Internacional (AI) hier, le 1er février. L’ambiance est vraiment super décontractée, chaleureuse, accueillante, agréable. Tout le monde t’accueille par une grande accolade, un grand sourire et quelques mots super gentils. Ca tient aussi à la culture sud-américaine, mais c’est déjà un bon point de se sentir comme chez soi et en confiance dans son lieu de stage.

Maïlys (copine de ScPo qui effectue son stage en même temps que moi) et moi avons passé 1h30 avec Sergio Laurenti le directeur de la section chilienne. Ancien journaliste, cet argentin (voilà pourquoi son accent est si compréhensible !) travaille pour Amnesty depuis 12 ans, dont 5 à Santiago. Très intéressant, clair, posé, disponible, accessible et encourageant, il écoute, valorise la prise d’initiative, met en confiance, et se présente comme un soutien dans le travail qui nous sera confié. Après une visite des locaux (très restreints, donc c’est vite fait) nous nous sommes ensuite présentées aux différents stagiaires travaillant à la oficina (bureau). C’est multiculturel (anglais, italiennes, polonaise, américaine, allemande, chiliens…), c’est jeune, et ça semble bouillonnant d’idées et d’envie de bien faire. Ce qui nous réunit est ce désir de s’investir pour quelques mois dans la défense des droits de l’Homme et l’espagnol.

Tous les mardis, Sergio rencontre chacun des stagiaires (environ une vingtaine sur la quarantaine de volontaires et salariés du bureau) pendant 15 minutes chacun pour mettre à plat le travail effectué durant la semaine, les nouveaux projets, les difficultés, les propositions… C’est donc mardi prochain que Maïlys, Ciannan (un anglais-irlandais arrivé lundi) et moi allons nous voir attribuer nos equipos de trabajo : nous devons choisir entre deux et quatre thèmes parmi tous ceux qui existent dans la section (défense des droits de la femme, des peuples indigènes, contrôle des armes à feu, diversité sexuelle actions urgentes, défense des droits de l’Homme au Guatémala…).

D’ici là, nous avons été tous les trois chargés de penser à une action originale à mener aux alentours du premier avril concernant le navire-école « Esmeralda » de la marine nationale chilienne. Nous devons également nous baser sur le film-documentaire « Le côté obscur de la Dame Blanche » produit par un chilien exilé au Canada.
Voici en quelques mots de quoi il s’agit :
L'Esmeralda est l'un des plus beaux voiliers du monde. C'est le navire-école de la marine chilienne et un objet de fierté nationale, au même titre qu’un symbole chilien (drapeau, hymne). Mais aujourd'hui la Dame Blanche, comme les Chiliens la surnomment, est condamnée moralement. Ce navire cache en effet un passé trouble. Celui d'un bateau-prison utilisé dans le port de Valparaíso comme centre de torture au lendemain du coup d'État de 1973. Trente ans plus tard, l'impunité demeure et les autorités militaires continuent de nier. Aujourd'hui, les victimes de la dictature se mobilisent et demandent justice. Amnesty Internationale – section Chili – mène chaque année une campagne pour que la marine chilienne reconnaisse officiellement les atrocités commises à bord de l’Esmeralda. « Amnesty International demande au gouvernement chilien et à la marine chilienne de reconnaître que de graves violations des droits humains ont été commises à bord de l’Esmeralda ; l’Organisation demande que soit menée une enquête indépendante et impartiale sur les allégations de torture et autres violations des droits humains à bord de navires et installations de la marine sous le gouvernement militaire ; elle demande que soient traduits en justice les auteurs de ces actes et que les victimes et leurs familles soient indemnisées pour le préjudice matériel et moral subi. » A.I.

Quant aux relations / connaissances que j’ai pu tisser jusqu’à maintenant, elles se comptent sur le bout des doigts. Mais il va falloir du temps car la langue est un gros handicap : je me sens nulle, inintéressante car peu capable d’exprimer ce que je ressens ou de tenir une conversation de plus de 10 minutes. Je comprends ce qu’on me dit, mais le vocabulaire manque pour répondre et faire des phrases correctement construites ! Avec le temps, ça va bien venir, mais je suis impatiente !
Mais au sein d’Amnesty, l’ambiance entre los practicantes est vraiment sympa et des fiestas ou cenas (diners) ont l’air de s’organiser assez souvent dans la semaine. Hier soir, nous avons mangé des burritos chez Jacob : ambiance vraiment sympa !
Sinon, je suis restée en contact avec Viviana (une maman de 28 ans dont j’avais visité l’appart) qui est très sympathique et qui entretient le contact avec moi via msn ou correo electronico en attendant de nous revoir. Elle me propose de la rejoindre dans la région des lacs vers Temuco le weekend prochain car elle y passe la semaine ... à voir et à cogiter car il faut quand même 10h de bus pour y aller et sur un weekend, c'est short !

Mais le moral est très bon, les choses suivent leur cours lentement mais sûrement !

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Ne t'inquiète pas,nous sommes nombreux à avoir ressenti l'impression que tu décris :se sentir incapable de dire autre chose que des banalités et etouffer dans le manque de nuances...ajoutes à cela l'angoisse de ne pas comprendre et la peur de se faire "rouler" et tu comprends mieux ceux qui arrivent à Roissy en tongues arrivant de leur village. C'est en quittant nos sécurités qu'on devine ce qu'est l'insécurité et la précarité des transplantés.Toi tu peux depasser cela en qq jours!