dimanche 4 février 2007

Weekend à Valparaiso avec Maïlys (3-4.02.2007)

Où passer le weekend ? La grande question !

Vendredi soir, nous avons décidé de profiter de l’été et de notre weekend pour nous évader de la capitale polluée et bruyante !

Très indécises sur la destination (trop de choix tue le choix !), nous avons finalement décidé de partir pour Valpo comme disent les habitués ! Pour vous situer (car je suppose que peu d’entre vous connaissent par coeur la géographie du pays) : à une heure trente de bus à l’est de Santiago, donc sur la côte pacifique.


Présentation de la ville de Valparaiso

Valparaiso est un port à l’embouchure du Maipo, conquise très tôt part les espagnols et qui a été le théâtre de tremblements de terre / raz de marée ainsi que de troubles politiques (notamment le siège du coup d’état militaire de 1973 quand l’infanterie a envahi le port). C’est aussi une ville duale :
_ duale par l’architecture (les bidonvilles côtoient les grandes bâtisses),
_ duale par les aspects économiques (le bas de la ville est pollué et résulte de la politique économique menée par les « Chicago Boys » alors que le haut de la ville est authentique et vieux),
_ duale par sa géographie (collines et océan se mêlent sur l’espace de quelques centaines de mètres).

La première chose que l’on remarque quand on arrive, et surtout le plus impressionnant, c’est le cachet qu’a la ville : quand on regarde vers les collines, on aperçoit un patchwork de couleurs et de maisons, certaines faites de bric et de broc, souvent très mal en point, d’autres très riches. Cette partie est faite d’un dédale de rues tortueuses, de rues et d’escaliers qui grimpent en pente raide vers de splendides demeures coloniales britanniques ou de bidonvilles aggripés aux flancs de 42 cerros (collines). Une quinzaine de funiculaires jalonnent les cerros pour faciliter leur accès, et ce pour 100 pesos. Bien que d’un autre âge, ces installations paraissent fiables et offrent de magnifiques belvédères à l’arrivée.


Journée de samedi

Samedi matin, départ a 12h10 du terminal de bus de Santiago. Oui c’est un peu tard, mais au moins, on s’est faites avoir une fois ... pas deux ! On savait bien que les métropolitains partent tous en weekend sur la cote, tout le monde nous l’avait dit ... mais de là à voir autant de monde hacer la cola (faire la queue) pour acheter son billet en partance pour Viña del Mar ou Valpo... Attente pour acheter le billet (3400 pesos l’aller) puis attente avant de prendre le bus, qui partent pourtant toutes les 10 minutes !
Mais au Chili, les transports les plus développés et les moins chers sont les bus : les réseaux de trains sont mauvais, chers et plus lents. Alors même pour partir à des centaines de km, il est normal de se dire qu’on va faire 14h de bus... heureusement de luxe !

Arrivée sur Valparaiso vers 14h par l’avenida Argentina qui, le mercredi et le samedi, se transforme en un immense marché de fruits et légumes, de poissons, de fruits de mer frais, de produits séchés et de gâteaux maison. Nous empruntons l’avenida Pedro Montt où nous déjeunons au Vitamin service café, recommandé par les guides. Au bout de l’avenue : la plaza Victoria où trône la Fuente (fontaine) de Neptune, trophée de guerre arraché aux péruviens en 1879. Nous avons vainement cherché la maison où a grandit Pinochet située non loin de là… Puis nous avons emprunté la calle Condell où se dressent de grandes résidences du siècle dernier.

Nous grimpons dans le cerro Concepcion classé patrimoine de l’humanité. Et il est vrai que c’est l’un des coins les plus précieux de la ville : une vue magnifique sur le Pacifique, des maisons d’une grande richesse, un lieu sécurisé et plutôt bien fréquenté, des boutiques artisanales. C’est là que nous posons nos mochillas (sacs à dos), dans un Backpackers (hostel) super clean et chaleureux.

Nous passerons l’après-midi à marcher (c’est le meilleur moyen de visiter la ville) dans les cerros Concepcion et Alegre. Ce qui choque c’est l’impudence de la richesse trahie par l’opulence de certaines belles maisons, face à la pauvreté ambiante qui règne : nombreux chiens et chats mal en point errants, maisons qui tiennent à peine debout, une pollution incroyable dans les rues, des fils électriques qui pendent. Mais bizarrement, la pauvreté peut être belle : sur les façades, les tags et les dessins multicolores se mélangent aux messages communistes et révolutionnaires, sur les toits des maisons les matériaux divers s’amassent pour calfeutrer les trous … Ambiance métissée.























Nous redescendons via un ascensor vers la Plaza Sotomayor (où siège l’Armada nacional : marine nationale). Une épaisse fumée noire se dégage du quartier attenant, des dizaines de carabineros (policiers) et de bomberos (pompiers) sont présents, le quartier est bouclé. Nous comprendrons seulement le lendemain qu’il s’agit d’une très importante explosion due à une fuite de gaz qui a fait plusieurs victimes et des disparus. Pour ajouter au climat ambiant (il s’agit quand même de la plus grande catastrophe de Valpo depuis des dizaines d’années), des voisins avaient alerté la police la veille d’une odeur de gaz…
Non loin de là, nous passons un peu de temps sur le Muelle Prat (port) avant de retourner vers la plaza Victoria pour y déguster des pâtisseries au dulce de leche (le Nutella sud-américain, surtout mangé par les argentins…et avec n’importe quoi !).

De retour à l’auberge après avoir déambulé dans le cerro Florida, nous décidons de nous offrir un excellent restaurant dans le cerro Concepcion (très chic, avec terrasse arborée donnant sur la baie, un repas exquis) : que du bonheur puisque nous nous sommes accordées un restaurant à 10 000 pesos(15€) ce qui est très cher pour ici. Fin de la soirée à bavarder sur un banc face à la mer.


Journée de dimanche

Réveil vers 9h : je m’assois sur mon lit, la personne à côté de moi dans le dortoir se retourne. On se regarde quelques secondes avant de pouffer de rire : il s’agissait de Nina (fille de Sciences Po Toulouse), croisée à Santiago la semaine passée, et qui avait passé la nuit à mes côtés !

Nous décollons vers 12h, la grisaille du temps et la fraîcheur de l’air nous motivant moins que la veille ! Nous arpentons les ruelles des cerros Parcel et Pantéon pour aller visiter l’ancienne prison réhabilitée en partie en centre culturel et artistique, ainsi qu’un très beau cimetière européen qui lui fait face. De très beaux endroits, glauques, mais chargés d’histoire(s).













Nous redescendons vers le quartier de l’explosion pour que Nina dépose ses affaires dans un squatt où elle doit passer la nuit. Mais encore 24h après l’incident, la fumée et l’odeur sont fortes ! Sur le chemin vers le marché (proche du terminal de bus), nous nous arrêtons manger des empañadas de carne con cebolla (chaussons frits de viande et oignons) pour 450 pesos (70 cts d’€) et échanger sur nos expériences de cette fabuleuse année de mobilité !

17h30 : retour en bus vers Santiago après avoir arpenté le marché où se vend de tout et n’importe quoi (stylos, produits de beauté, vêtements, disques, sacs, chaussures, nourriture, animaux…). Une chaleur et un soleil de plomb nous y attendent à 19h !

Moralité : un weekend super sympa et dépaysant, mais pour bronzer mieux vaut rester dans la capitale !

4 commentaires:

Adrien a dit…

Salut Zazou. Je suis content de voir que tu profites déjà au maximum de tes moments de relâche. Continue à nous faire profiter de tes découvertes et de tes expériences.

Prends soin de toi et prends-en plein les yeux.

Un petit coucou à Marie-Pierre qui n'a pas besoin de mes conseils pour aller sur le blog d'Elsa ! Et qui est quasiment devenue depuis quelques temps la plus grande contributrice de ce blog.

Jay et Zazou : un immense bravo pour vos blogs respectifs. Ca fait plaisir de vous lire ou de vous regarder. Ca demande aussi beaucoup de boulot, alors félicitations !... Et continuez.

marmat44 a dit…

Salut ma zazou, je suis contente que tu en profites autant, malgrès les araignées qui trainent. Tu vas peut etre finir par avoir une mygale comme animal de compagnie!!!
En tout cas, ton blog est super et ça me permet de m'évader entre deux révisions...
Profites à fond
Enormes bisous de nous deux
Marion

Unknown a dit…

Hola! c'est très interessant ton journal de bord! il faut savoir que moi j'aime pas du tous les grosses araignées yiiiiiiiiiiikes!

Anonyme a dit…

Un grand merci à Zazou qui a apporté à Jérémy ce qui lui a permis de remplaczer ceux qui lui ont été dérobés.