Nous voilà parties vendredi dans la nuit pour 10 heures de bus direction : le nord de la région des lacs, dans la IX° région (çàd au plein centre du Chili), région reconnue pour sa quantité de lacs et de volcans, et donc d’activités extrêmes multiples. Pucon, c’est un petit village au bord du lac Villarica et du volcan du même nom.
SAMEDI : visite guidée de la région
Arrivées à 7h25 après une nuit plutôt courte, nous voilà à la recherche du Backpackers, recommandé par Blair (collègue) qui était déjà venue. Heureusement (car séjourner dans cet hostel a déterminé la qualité de notre séjour) il reste 2 lits ; l’accueil y est fort chaleureux, comme à la maison. On s’installe et on part à la découverte de cette toute petite ville, construite pour les touristes (compagnies d’excursions, restos et hôtels peuplent les rues). Mais la plage du lac, de sable noir du fait de la proximité du volcan nous a séduite.
L’hostel propose un tour de la zone à un prix plus bas que les autres compagnies : on prend ! 14h30, nous prenons la route accompagnées d’un guide local d’origine mapuche (et accessoirement d’un groupe de touristes d’une moyenne d’âge avoisinant les 65 ans !) pour faire un tour de la zone. On n’a pas été déçues, car cela nous a permis de recevoir tout un tas d’info sur la région, et surtout de découvrir des endroits splendides (waouh, si j’utilise déjà cet adjectif maintenant, lequel vais-je pouvoir utiliser pour décrire la suite du weekend ?).
On a donc commencé par la zone nommée Trancura où l’on a vu :
- ce río couleur bleu transparent
- une source d’eau naturelle sortant de terre.
Puis nous avons poursuivi par los Saltos Carileufu (cascades) où se fait habituellement du rafting. Là, j’ai fais des photos dignes des guides voyages ou de revues style « Géo », c’est là que l’on prend conscience que notre Terre est si belle et que les voyagistes n’ont aucun mal à nous vendre des voyages, sans retoucher les photos !
Mais le plus impressionnant sur ce site est la laguna verde : la photo ne retranscrit pas bien ce bleu intense et cette eau pure, mais je vous assure que c’est magnifique !
Puis nous voilà partis pour faire une halte au lac Caburga qui a la particularité étrange d’avoir sur le même site deux types de sables : un noir et un blanc. L’explication serait qu’un volcan proche du lac aurait recouvert une partie du sable blanc par de la roche volcanique…
Et on garde le meilleur pour la fin : les termes de Huife. Ouah, un vrai bonheur ! Des termes où l’on se baigne dans 5 piscines à températures différentes, allant de 28° à 47°. L’idée est de ne pas rester plus de 5 minutes dans chaque et d’aller du plus froid au plus chaud pour habituer le corps et le cœur. Bon, bah même après 1h30 d’adaptation, il nous a été impossible de rentrer dans celle à 47° (sauf le guide) tant c’était brûlant ! Un bonheur, car nous en sommes sortis à 20h15, et à cette heure-ci désormais il fait nuit. Nous pouvions ainsi profiter des termes à ciel ouvert, en admirant la voie lactée d’une pureté étonnante (ça change de l’air de Stgo !).
4 heures : le réveil sonne ! Pourquoi si tôt alors que nous sommes crevées ? Le volcan nous attend !!!! En effet, notre hostel est le seul à proposer l’ascension du volcan si tôt, ce qui permet de voir le lever du soleil.
DIMANCHE : ascencion du Volcan Villarica
Nous étions une équipe de 15 accompagnés par 4 guides de haute montagne. Tous dans une fourgonnette qui nous amène à 4h30 du matin à 1300 mètres d’altitude (le volcan en fait 2847). Equipés comme des vrais montagnards : torche frontale, piolet, crampons, chaussures de montagne, gants de montagne et de pluie, pantalon de neige, bonnet, casque…et un sac à dos rempli de chocolats, sandwiches, eau, fruits, cookies… !
Bon bah…on va l’avouer, on n’a pas honte de notre forme physique (mais le manque de sommeil n’a pas aidé) : Maïlys et moi n’aurions jamais imaginé que ça soit si difficile ! On a toutes les deux fait de la randonnée et du sport en général…mais là, je crois que c’est l’ascension la plus dure que je n’aie jamais faite. Mais bon, comme tout est bien qui finit bien, et que je ne vais pas faire durer le suspense puisque vous tremblez en lisant ces lignes (« Ont-elle résisté ? Y sont-elles arrivé ? En sont-elles sorties sans séquelles ? »). Oui…on est allées jusqu’au bout !
Il faut quand même expliquer que ce sont 5 heures de montée et 2 heures de descente. Si Si !
Déjà, au bout de la première heure (donc de la première pause), j’avais juste envie de dire « hey, attendez, j’ai juste eu le temps de prendre ma photo, de boire deux gorgées et un carré de chocolat, tout ça dans la grande précipitation… ! ». Mais quand on est en groupe, on fait pas sa loi, on suit ! En fait, depuis le début, un fort vent nous ralentit et rend encore plus difficile la montée. Et normalement, c’est plus facile de monter sur la partie enneigée du volcan (car avec les crampons on a plus de prise) que sur la partie de roches volcaniques (qui glissent et s’affaissent sous nos pieds) : mais comme la neige manque, la partie la plus difficile représente les ¾ de l’ascension.
Troisième heure : 2 abandons (non, pas nous !). Pause goûter et photos. Avec la crème solaire et la poussière volcanique, ça donne l’impression qu’on a travaillé dans les mines ! Je crois que cette journée là n’était pas faite pour les photos portraits, mais c’est assez drôle. Donc je préfère vous laisser apprécier, ébahis, devant ces vue superbement magnifique (je n'ai pas de mot).
Alors on redescend plus bas s’abriter (nous sommes 5 « faibles » !). Mais moi ça m’allait : la fatigue se faisait sentir et surtout, je ne voyais pas l’intérêt d’aller jusqu’au sommet où j’imaginais le vent encore plus fort au point de ne pas se tenir debout ! On profite de la vue grandiose.
Mais notre guide reçoit deux appels des guides ayant poursuivi l’ascension lui indiquant qu’après une heure de passage très difficile, le vent se calme et que l’on peut tenter. On fera trois fois un aller-retour sur le passage enneigé (car à chaque fois qu’on arrivait dans la partie la plus ventée, on se résignait à redescendre s’abriter) avant de continuer finalement vers le sommet… bien que j’aie prévenu que je ne savais si j’aurai les forces suffisantes pour poursuivre.
Le chemin on le connaît par coeur : on monte...
...on descend !
Sauf que bon voilà, y’en avait trois qui voulaient absolument tenter le coup : c’est vrai que si près du but (2 heures !), c’était dommage de se résigner. Mais on venait de patienter une petite heure en plein vent, on venait de refaire trois fois la même partie, il était 10h du matin… FA-TI-GUEE j’étais ! Je sentais mes muscles tétanisés, mes cuisses douloureuses, le souffle manquant. Je ne sais pas, imaginez-vous que vous n’avez plus aucune énergie mais que vous devez quand même faire un effort qui vous paraît insurmontable. J’avais l’impression que sur cette dernière partie, j’allais puiser mes ultimes ressources je ne sais pas même comment. Je ne réfléchissais plus : j’avançais à la vitesse d’un escargot, regardant le sommet pour me motiver. Parfois, j’avais un fou rire nerveux qui sortait, surtout quand je me retournais et que je voyais Maïlys avec son casque de travers qui souffrait autant que moi. J’avais envie de crier au guide “No puedo, no puedo ! Si digo que no puedo hacerlo, es que no puedo!" ou alors de hurler “stooop”.
J’en rigole maintenant, mais je peux vous dire que j’ai détesté ce guide qui me disait à chaque arrêt : « No puedo dejarte acá y seguir con los otros, es demasiado peligroso con el viento y las rocas. Si te llega algo, será mi culpa. Seguimos adelante, y conversamos en 15 minutos » (en gros : pas possible de me laisser toute seule en les attendant parce qu’avec le vent et les roches volcaniques, c’était trop dangereux). Donc sa proposition, qu’il a réitéré au moins 4 fois, était : « On doit continuer de monter, et on en reparle dans 15 minutes ». Et 15 minutes plus haut, on prenait soin de nous : « come, come » qu’ils disaient ! Ah ils me faisaient rire, comme si manger du chocolat allait être suffisant pour me faire grimper. Mais j’obéissais. Après avoir mangé du chocolat, mes sandwiches, mes fruits, et bu, benh évidemment, je me sentais mieux. Et c’est surtout que quand on est en groupe, on sent la pression implicite des autres dans le regard qui te dit « Nous on veut y aller, alors ça dépend de toi ! ». Ah, cette force du groupe qui te fait te surpasser !...
Bref, après 2 heures d’ascension et croisé le premier groupe (les « forts » !) dans la descente, nous y voilà au sommet ! On l’a fait ! Mais avec la force du vent, tout le souffre sortait du cratère au point que l’air était irrespirable (ça pique la gorge et les yeux), la lave était cachée par cette épaisse fumée. Alors, nous voilà déjà repartis, le temps de manger un bout pour dire qu’on y était et de prendre des photos (c’est important ça le moment photo ! enfin, pur moi, y’a pas de « moment » photo, j’en prends toutes les minutes !)
J'peux vous dire que je ne me suis pas fait prier pour le sourire :
La descente : un BONHEUR !! Pour nous faire plaisir, notre guide nous a permis de faire les ¾ de la descente sur les fesses dans des toboggans (cette technique est interdite depuis peu suite à de graves accident comme des piolets enfoncés dans les cuisses). Bine plus drôles et plus rapide ! D’un coup d’un seul on retrouve son énergie et son sourire ! Surtout que l’on croise les autres groupes qui montent (oui, nous on avait la chance d’être les premiers en partant si tôt) et qu’on sait ce qu’il les attend !
Une bonne douche, un réconfortant (gâteau suisse au chocolat et meringue), une petite balade dans Pucon et … retour au car pour nous ramener de nuit à Stgo.
Je rentre des images plein la tête, des courbatures plein le corps, mais avec une certaine fierté personnelle d’avoir monté ce volcan dans de telles conditions climatiques. Et puis surtout, quel weekend de folie!
6 commentaires:
franchement bravo!te voila devenue aventurière! même si je vois que les petites gâteries et friandises en tout genre ont été présentes tout le long du week end!!
Bravo d'avoir vaincu ce sommet.
Penses-tu et peux-tu ramener du sable ?
Merci aujourd'hui encore de nous faire rêver.
Bises
Bravo ...
Avec ton récit,on est tous forcé d'admettre que c'était moins dur de boire des picon que de faire l'ascencion du volcan de pucon..
Ah trop drôle la prof de maths !!
En tout cas, ne fais plus trop Gilbert car ça ne te met pas à ton avantage...
Plein de bisous
Ben dis donc... t'as du t'en prendre plein les mirettes !
Et les fesses alors, pas trop rouge après cette sacré descente ?
En tout cas tes commentaires et pi tes photos me donnent bien envie de faire un tour un de ces quatre en Amérique du Sud.
Continues à me faire rêver ! ;o)
Gros becos
ok bien joué gamine...
c malin... maintenant j'ai envie de visiter le Chili... et Caro aussi...
profite bien de cette chance qui t'est offerte, et que tu sembles mordre à pleines dents.
gros gros bisous
(PS : j'aime bien tes commentaires Flo... lol)
JE SUIS JALOUX !
BRAVO petite soeur !
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